Salarié agressé par son chef : Les Faits, le lieu de l’agression, les propos et les témoignages

Salarié agressé par son chef  sur le lieu de travail avait plus de six années d’ancienneté au sein de GFI, un salarié très sérieux, motivé et apprécié de Salarié agressé par son cheftous y compris par les clients, d’après les entretiens d’évaluation de fin de missions.

Pour mettre fin à l’inter-contrat, le manager a placé le salarié agressé malgré lui sur un projet alors que ce dernier a fait valoir qu’il n’avait pas les compétences spécifiques à la mission. Ce placement a été fait aussi contre l’avis du Directeur de Projet qui ne souhaitait absolument pas intégrer le salarié dans son équipe.

C’est donc dans ces conditions que le salarié a démarré sur le projet et sans ordre de mission.

Quelques jours après le démarrage de la mission, le salarié a été agressé physiquement et verbalement par le Directeur de Projet, celui-là même qui ne voulait pas de lui dans son équipe.

Le salarié agressé a subi un malaise « tombé dans les pommes », les pompiers sont intervenus sur le lieu de travail pour le réanimer et ils l’ont amené, s’en est suivi une longue période d’arrêt maladie.

Qu’est-il devenu ce salarié ?

D’après les informations dont nous disposons, le salarié agressé aurait quitté GFI Informatique.

Dans quelles conditions le salarié a-t-il quitté GFI Informatique ?

Avec une Rupture conventionnelle ou une Transaction, on ne sait pas …..

Témoignages des salariés
GFI Informatique

Salarié agressé par son chef : Auditions et témoignages des salariés présents le jour de l’incident

Pour garder l’anonymat des salariés, notamment ceux qui ont témoigné dans cette affaire, nous nommerons : AB : Le salarié  et DP : Le Directeur de Projet.

Ci-dessous un extrait de quelques témoignages de salariés de l’équipe du projet, présents lors des faits.

Audition 1

« Lors de la réunion de stand up meeting, il y a eu une altercation entre le DP et AB; ce dernier avait mis ses écouteurs quelques minutes après le début de la réunion. Le DP lui a demandé de les retirer plusieurs fois.

C’est parti en vrille car AB a réagi de manière très agressive. Il venait d’arriver sur le projet et avait un problème d’attitude. La première fois que je l’ai vu il s’est mis à la place de …., mais les pieds sur la table, la main derrière la tête. Ça m’a choqué. Son attitude était sur la défensive.

AB devait être à côté des développeurs. Une seule place était disponible dans leur bureau : celle du salarié X.. AB râlait quand le salarié X était présent : « c’est chiant, je ne vais pas déménager tous les jours ».

Je lui ai demandé d’installer son poste : au bout de 3 jours, cela n’était toujours pas fait. Il communiquait avec moi par mail. Le quatrième jour, ça a claqué.

Lors de l’entretien préalable à son intégration, il avait déclaré que le projet ne l’intéressait pas.

A l’issue de la réunion, ils sont partis s’expliquer dans le couloir. Quelques minutes après, j’ai entendu des bruits de caisson.

Cela aurait forcément fini par clasher du fait de son attitude, y compris avec moi. »

Audition 2

« AB était assis entre le salarié 1 et le salarié 2. Il était avec ses écouteurs et à la fin, le DP lui a dit de les enlever.

AB a refusé et répondu « je t’entends bien ». Le DP a insisté et AB a encore refusé, indiquant « tu ne me parles pas comme ça, tu me respectes »

Le DP a répondu « je te parle comme je veux » et ensuite ajouté « ferme ta gueule ».

AB a répondu « tu te prends pour qui ?»

J’ai été voir le DP et AB, pour calmer le jeu. J’ai trouvé qu’ils étaient calmes tous les deux.

Je pense que le fait d’être en public a amplifié l’échange.

Je n’ai pas trouvé AB agressif.

Les mots du DP, c’était trop, je ne l’avais jamais entendu parler comme çà.

Audition 3

« On a commencé la réunion. AB était présent depuis quelques jours, il ne prêtait pas attention à la réunion, à un moment il faisait du bruit.

A la fin de la réunion, le DP lui a fait des remarques sur son comportement et AB n’a pas apprécié. Il y a eu des mots échangés de part et d’autre, qui n’étaient pas adaptés au contexte professionnel.

Ils sont ensuite partis tous les 2 voir le manager mais quelques minutes plus tard, à son retour, AB a fait une chute (je n’étais pas là).

Les propos m’ont choqué de part et d’autre. »

Audition 4

« Nous avons entamé la réunion et le DP a dit que la réunion commençait. AB avait ses écouteurs et le DP l’a touché en lui demandant de retirer ses écouteurs.

AB s’est montré obtus. Le DP a insisté. Il y a eu des échanges de mots tels que : « je ne suis pas ton esclave » (AB) et « ferme ta gueule » (le DP).

J’estime que l’incident avec AB est dissocié du suivi du projet, car ce dernier venait juste d’arriver sur le projet. »

Audition 5

« AB vient de débarquer sur le projet, je ne le connaissais pas avant. Lors de la réunion de stand up meeting, tout le monde participait et lui, était en train d’écouter quelque chose avec ses écouteurs.

Le DP l’a remarqué et lui a dit d’enlever ses écouteurs ; il lui a tapoté l’épaule.

C’était vers la fin. »

Audition 6

« Il y a eu une réflexion du DP à la fin de la réunion, pour demander à AB de retirer ses écouteurs. Ce dernier a réagi assez sèchement, et il ne les a pas retirés tout de suite malgré l’insistance du DP, qui lui a alors demandé de sortir.

Personnellement la réaction du DP était justifiée, mais pas proportionnée.

Il n’est pas normal de garder des écouteurs pendant une réunion. »

Audition 7

« AB était sur une mission annexe, et pas concerné par la réunion. Il avait ses écouteurs. Le DP lui a dit d’enlever ses écouteurs sur un ton autoritaire. La réponse a été : « tu ne me parles pas sur ce ton, je ne suis pas ton chien ». L’accent du DP rendait son ton encore plus sec. »

Direction de GFI Informatique
et le silence assourdissant

Salarié agressé par son chef : Silence assourdissant de la Direction de GFI Informatique

Ne voyant rien venir de la direction de GFI Informatique, le salarié a saisi les délégués du personnel et le CHSCT. Ces deux instances ont aussitôt, alerté le PDG et demandé une réunion extraordinaire du CHSCT avec pour objectif diligenter une mission d’enquête.

La direction GFI Informatique a fini par réagir : elle a fait savoir aux élus qu’elle était d’accord pour une seule enquête DP et considérait qu’une enquête CHSCT est de trop.

La direction de GFI Informatique a trainé des pieds avant d’accorder les moyens nécessaires pour mener cette mission d’enquête.
Un des responsable RH a parlé du salarié en ces termes : «il ne mérite pas la chandelle le petit».
Un autre RRH a minimisé l’événement, d’ailleurs la déclaration de l’accident de travail n’a pas eu lieu dans les délais impartis.

Le comportement de ces dirigeants viennent en contradiction avec les engagements de GFI Informatique qu’il convient de rappeler. En effet il y’a quelques temps, GFI Informatique était confrontée à plusieurs suicides. Après ces incidents très graves GFI Informatique avait pourtant déclaré avoir mis en place un dispositif d’écoute de ses salariés. Alors des paroles ou des actes ?

Lire l’article publié par le monde Informatique

Dans les faits, une chose est certaine, la direction de GFI Informatique refuse d’écouter les membres du Syndicat Alliance Sociale.

Contacté à ce propos (entre autre) dernièrement, la numéro 2 de GFI Informatique aurait déclaré, « on ne reçoit pas les syndicalistes qui ne sont pas de l’entreprise », avant d’orienter le Délégué du Personnel vers un fusible…

Dans ces conditions ça sera difficile d’instaurer un dialogue social au sein du Groupe GFI.

Le constat
des membres de la commission d’enquête
du CHSCT de GFI Informatique

Salarié agressé par son chef : Le constat des membres de la commission d’enquête du CHSCT

L’enquête du CHSCT a mis en évidence de nombreux dysfonctionnements dans l’organisation et les conditions du travail généralement et sur le projet E-boutique particulièrement :

  • les salariés qui arrivent en inter-contrat font l’objet de multiples pressions,
  • le manque de reconnaissance, a pour conséquence le découragement et la démotivation des salariés ce qui est préjudiciable pour les projets et les missions,
  • les ordres de mission sont rarement délivrés aux salariés, en contradiction totale avec l’article 51 de à la convention collective SYNTEC,
  • beaucoup de tensions au sein du projet,
  • le Directeur du Projet se permet d’utiliser des termes familiers et grossiers dans un milieu professionnel,
  • le manager a manqué à ses obligations, il n’a pas pris pas au sérieux la plainte et l’alerte exprimés par le salarié,
  • un système de salaire déguisé, caractérisé par des remboursements de frais fictifs au lieu d’une augmentation de salaire,
  • l’arrivée du Directeur de projet a provoqué des départs et des arrêts maladie pour cause de burn-out,
  • affectation des salariés sur des projets sans formations spécifiques, bien souvent, le responsable refuse les demandes de formation sans les motiver;
  • manque de moyens, bureau, environnement, formation, …

Le constat
des membres de la commission d’enquête
du CHSCT de GFI Informatique

Message aux salariés des ESN / SSII particulièrement et à tous les salariés plus généralement

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